Avoir des enfants, mais pouvoir s'en libérer pour que les deux membres du couple puissent, afin de satisfaire à leurs besoins , l'un et l'autre, travailler,
ou qu'un parent isolé ne soit pas prisonnier de sa descendance, c'est le désir des Français. L'École n'est donc pas seulement la grande éducatrice, mais aussi la grande garderie. D'où
l'intérêt que l'opinion dans sa majorité porte à la mise en place d'un service minimum.
Mais parmi bien des facteurs qui rendent difficile celui-ci, on notera particulièrement :
- le respect du droit de grève et la compréhension du recours à celui-ci par une large part de cette même opinion et par beaucoup d'élus locaux;
- les problèmes pratiques ( le besoin de personnels adéquats ) et juridiques ( de quelle responsabilité relèveraient alors les enfants) qui se poseraient pour la mise en place de services de garderie, et qui peuvent rendre , même s'il ya des solutions, spécialement perplexes les plus petites des communes, les moins dotées de moyens nécessaires;
- le principe de libre admlnistration de ces collectivités locales qui ferait sans doute une part d'obstacle constitutionnel à une obligation législative qui leur serait faite , même si les charges induites étaient bien remboursées par l'État.
Ce qui conduit à se demander si ce service public de substitution à la fonction de garderie de l'Education Nationale ne relève pas en réalité moins des communes que d'autres structures :
- de l'État qui lui même ( qui, de toutes façons est appelé à payer, en contrepartie d'ailleurs des jours de grève qu'il ne paie pas aux fonctionnaires grévistes); on pourrait imaginer qu'il constitue un service administratif spécial d'intermittents n'ayant pas, par construction - ce qui suppose un texte législatif - le droit de grève ( comme l'armée en quelque sorte ) et jouant un rôle de substitution à l'une des fonctions de l'Education;
- d'associations "ad hoc" volontaires à cette fin et qui seraient soutenues de toutes les manières par la puissance étatique (en pouvant notamment utiliser les locaux scolaires) y trouvant une espèce de service public exceptionnel concédé, ce qui résoud beaucoup de problèmes juridiques et est sans doute politiquement gérable , avec toutefois quelques remous et conflts entre ces associations et des syndicats d'enseignants. Ne serait-ce une piste à creuser ?
Toutes les réponses possibles - une fois éliminée, pour des motifs politiques, l'hypothèse de la réquisition des enseignants eux-mêmes - comportent en vérité une part de compromis nécessaire et de cocasserie inévitable qui traduisent bien les contradictions déchirant la société française dans sa poursuite de satisfactiion de différents besoins difficilement conciliables et habitant souvent chacun en lui-même. Chacun qui veut à la fois le droit à la famille ( avoir des enfants) , le droit au travail ( pouvoir y aller ), le droit à la sécurité (que les enfants ne soient abandonnés aux incertitudes), le droit à la grève (afin de pouvoit lutter, selon sa conception différente de celle du pouvoir, de la bonne éducation , c'est dire des conditions, à ses yeux, nécessaires pour les enfants et les enseignants).
Cette affaire du "service minimum" fait toucher du doigt les ambitions ( et déjà les habitudes) contradictoires d'une société avancée, sophistiquée, exigente et souffrant en même temps de ses avancées mêmes : le taux d'emploi des femmes ou des deux membres d'un couple, les niveaux de scolarisation et de sécurité qu'elle exige et les capacités de flexibilité/adaptation qu'elle revendique : que le droit de grève des uns et le travail des autres, dans la sécurité de tous soient assurés. C'est un défi qu'il faudrait essayer de relever dans des compréhensions partagées, une part de compromis de la part de chacun, plutôt que dans la tentation de tel camp et de tel autre camp de faire monter des mayonnaises politiques qui n'accompagneront qu'une mauvaise cuisine pour tous.
Mais parmi bien des facteurs qui rendent difficile celui-ci, on notera particulièrement :
- le respect du droit de grève et la compréhension du recours à celui-ci par une large part de cette même opinion et par beaucoup d'élus locaux;
- les problèmes pratiques ( le besoin de personnels adéquats ) et juridiques ( de quelle responsabilité relèveraient alors les enfants) qui se poseraient pour la mise en place de services de garderie, et qui peuvent rendre , même s'il ya des solutions, spécialement perplexes les plus petites des communes, les moins dotées de moyens nécessaires;
- le principe de libre admlnistration de ces collectivités locales qui ferait sans doute une part d'obstacle constitutionnel à une obligation législative qui leur serait faite , même si les charges induites étaient bien remboursées par l'État.
Ce qui conduit à se demander si ce service public de substitution à la fonction de garderie de l'Education Nationale ne relève pas en réalité moins des communes que d'autres structures :
- de l'État qui lui même ( qui, de toutes façons est appelé à payer, en contrepartie d'ailleurs des jours de grève qu'il ne paie pas aux fonctionnaires grévistes); on pourrait imaginer qu'il constitue un service administratif spécial d'intermittents n'ayant pas, par construction - ce qui suppose un texte législatif - le droit de grève ( comme l'armée en quelque sorte ) et jouant un rôle de substitution à l'une des fonctions de l'Education;
- d'associations "ad hoc" volontaires à cette fin et qui seraient soutenues de toutes les manières par la puissance étatique (en pouvant notamment utiliser les locaux scolaires) y trouvant une espèce de service public exceptionnel concédé, ce qui résoud beaucoup de problèmes juridiques et est sans doute politiquement gérable , avec toutefois quelques remous et conflts entre ces associations et des syndicats d'enseignants. Ne serait-ce une piste à creuser ?
Toutes les réponses possibles - une fois éliminée, pour des motifs politiques, l'hypothèse de la réquisition des enseignants eux-mêmes - comportent en vérité une part de compromis nécessaire et de cocasserie inévitable qui traduisent bien les contradictions déchirant la société française dans sa poursuite de satisfactiion de différents besoins difficilement conciliables et habitant souvent chacun en lui-même. Chacun qui veut à la fois le droit à la famille ( avoir des enfants) , le droit au travail ( pouvoir y aller ), le droit à la sécurité (que les enfants ne soient abandonnés aux incertitudes), le droit à la grève (afin de pouvoit lutter, selon sa conception différente de celle du pouvoir, de la bonne éducation , c'est dire des conditions, à ses yeux, nécessaires pour les enfants et les enseignants).
Cette affaire du "service minimum" fait toucher du doigt les ambitions ( et déjà les habitudes) contradictoires d'une société avancée, sophistiquée, exigente et souffrant en même temps de ses avancées mêmes : le taux d'emploi des femmes ou des deux membres d'un couple, les niveaux de scolarisation et de sécurité qu'elle exige et les capacités de flexibilité/adaptation qu'elle revendique : que le droit de grève des uns et le travail des autres, dans la sécurité de tous soient assurés. C'est un défi qu'il faudrait essayer de relever dans des compréhensions partagées, une part de compromis de la part de chacun, plutôt que dans la tentation de tel camp et de tel autre camp de faire monter des mayonnaises politiques qui n'accompagneront qu'une mauvaise cuisine pour tous.
Vendredi 16 mai 2008
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