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POURQUOI CE BLOG



L'objet de ce blog est de baliser par quelques souvenirs éloquents l'histoire récente et de faire contribuer ces expériences, par des commentaires d'actualité, à éclairer et choisir les changements, en s'interrogeant sur les propositions des politiques et les analyses des essaiystes. Donc, deux versants : l'un rétrospectif, l'autre prospectif.
 



Identité de l’auteur

Né en 1933, appartenant à la génération dont l'enfance a été marquée par la deuxième guerre mondiale, l'occupation et la Résistance, l'adolescence par la Libération, la guerre froide, puis par de clairvoyants engagements pour les décolonisations, l'auteur a ensuite partagé sa vie professionnelle entre le service public (il a notamment été préfet, délégué à l’emploi, directeur des affaires économiques de l’outre-mer, président de sa chaîne de radio-télévision, RFO), l'enseignement et la publication d’ouvrages de sciences politiques (il est aujourd’hui membre du comité de rédaction et collaborateur régulier de la Revue Politique et Parlementaire). Il a également assumé des missions dans de grandes entreprises en restructuration (Boussac, Usinor/Sacilor), puis a été conseil d’organismes professionnels.

Alors que ses condisciples ont été en particulier Michel Rocard et Jacques Chirac (il a partagé la jeunesse militante du premier dans les années cinquante et fait entrer le second à Matignon dans les années 60, avant d'être son premier collaborateur à l’Emploi et pour la négociation de Grenelle et au secrétariat d’Etat aux Finances, il n'a suivi ni l'un, ni l'autre dans leurs itinéraires. En effet, dans le domaine politique, comme il ressort de ses publications (notamment, « Trois illusions qui nous gouvernent », France-Empire 1998), et comme l’illustrent des épisodes éloquents de notre temps qu’il raconte dans « Bulles d’Histoire et Autres Contes vrais » (Phenix Edition, 2000,), Gérard Bélorgey n’a rallié ni la vulgate de la Veme république sur les bienfaits de l’alternance entre partis dominants, ni les tenants du catéchisme du libre-échange mondial. Il ne se résigne donc pas à TINA ("there is no alternative" au libéralisme). Tout en reconnaissant les apports autant que les limites de ceux qui ont été aux affaires et avec lesquels il a travaillé, il ne se résigne pas non plus à trouver satisfaction dans tel ou tel programme de camp. Mesurant combien notre société multiculturelle, injuste et caricaturalement mondialisée, souffre aussi bien des impasses de l’angélisme que des progrès de l’inégalité et des dangers de l’autoritarisme, il voudrait contribuer à un réalisme sans démagogie.

THÈMES DE RENCONTRE


Un peu moins d'un an après l'ouverture de ce site, j'en réorganise la structure, en faisant apparaître - ce qui permet aussi de mieux classer thématiquement les archives - la série de ses principaux  "SUJETS" ou "CATÉGORIES" ( voir ci-contre)

En outre, j'ai ouvert un autre site

http://web.mac.com/gerard.belorgey


auquel on pourra utilement se reporter po
ur consulter notamment des fichiers lourds
Avoir des enfants, mais pouvoir s'en libérer pour que les deux membres du couple puissent, afin de satisfaire à leurs besoins ,  l'un et l'autre, travailler, ou qu'un parent isolé ne soit pas prisonnier de sa descendance, c'est le désir des Français. L'École n'est donc pas seulement la grande éducatrice, mais aussi la grande garderie. D'où l'intérêt que l'opinion dans sa majorité porte à la mise en place d'un service minimum.

Mais
parmi bien des facteurs qui rendent difficile celui-ci, on notera particulièrement :
-
le respect du  droit de grève et la compréhension du recours à celui-ci par une large part de cette même opinion et par beaucoup d'élus locaux;
- les problèmes pratiques ( le besoin de personnels adéquats ) et juridiques ( de quelle responsabilité relèveraient alors les enfants) qui se poseraient pour  la mise en place de services de garderie, et qui peuvent rendre , même s'il ya des solutions, spécialement perplexes
les plus petites des communes, les moins dotées de moyens  nécessaires;
- le principe de libre admlnistration de ces collectivités locales qui ferait sans doute une part d'obstacle constitutionnel à une obligation législative qui leur serait faite , même si les charges induites étaient bien remboursées par l'État.

Ce qui conduit à se demander si ce service public de substitution à la fonction de garderie de l'Education Nationale ne relève pas en réalité  moins des communes que d'autres structures :

- de l'État qui lui même ( qui, de toutes façons est appelé à payer, en contrepartie d'ailleurs des jours de grève qu'il ne paie pas aux fonctionnaires grévistes); on pourrait imaginer qu'il  constitue un service  administratif spécial d'intermittents n'ayant pas, par construction - ce qui suppose un texte législatif - le droit de grève ( comme l'armée en quelque sorte ) et jouant  un rôle de substitution à l'une des fonctions de l'Education;
 
- d'associations "ad hoc" volontaires à cette fin et qui seraient soutenues de toutes les manières par la puissance étatique (en pouvant notamment utiliser les locaux scolaires) y trouvant une espèce de service public exceptionnel concédé, ce qui résoud beaucoup de problèmes juridiques et est sans doute politiquement gérable , avec toutefois quelques remous et  conflts entre ces associations et des syndicats d'enseignants.  Ne serait-ce une piste à creuser  ?

Toutes les réponses possibles - une fois éliminée, pour des motifs politiques,  l'hypothèse de la réquisition des enseignants eux-mêmes - comportent en vérité une part de compromis nécessaire et de cocasserie inévitable qui traduisent bien les contradictions déchirant la société française dans sa poursuite de satisfactiion de différents besoins difficilement conciliables et habitant souvent chacun en lui-même. Chacun qui veut à la fois le droit à la famille ( avoir des enfants) , le droit au travail ( pouvoir y aller ), le droit à la sécurité  (que les enfants ne soient abandonnés aux incertitudes),   le droit à la grève (afin de pouvoit lutter, selon sa conception différente de celle du pouvoir, de la  bonne éducation , c'est  dire des conditions, à ses yeux,   nécessaires pour les enfants et les enseignants).

Cette affaire du "service minimum" fait toucher du doigt les ambitions ( et déjà les habitudes) contradictoires d'une société avancée, sophistiquée, exigente et souffrant en même temps de ses avancées mêmes :  le taux d'emploi des femmes ou des deux membres d'un couple, les niveaux de scolarisation et de sécurité qu'elle exige et les capacités de flexibilité/adaptation qu'elle revendique : que le droit de grève des uns et le travail des autres,  dans la sécurité de tous soient assurés. C'est un défi qu'il faudrait essayer de relever dans des compréhensions partagées, une part de compromis de la part de chacun, plutôt que dans la tentation de tel camp et de tel autre camp de faire monter des mayonnaises politiques qui n'accompagneront qu'une mauvaise  cuisine pour tous.  
Vendredi 16 mai 2008
Mai 1958 : la menace des sticks de parachutistes contre la IVeme République
Mai 1968 : les mouvements étudiants, les grèves , la négociation de Grenelle

Sur 1968 j'ai déjà produit ( cf. l'article contenu dans cette  rubrique) des souvenirs de "la négociation de Grenelle".

Faisant retour sur mai/juillet 1958, je donne ci-dessous un extrait de Bulles d'Histoire ( ouvrage disponible sur <www.alapage.com> relatant quelques anecdotes éloquentes sur Montpellier et le préfet de l'Hérault à cette époque oùj'étais stagiaire de l'ENA dans ce département.

- UN BON VIVANT / 1958


Avant l'arrivée des rapatriés,  Montpellier était encore une ville languedocienne de moins de cent mille habitants sous les tuiles romaines. Avant l'arrivée des rapatriés, ceux qui le deviendraient ne voulaient naturellement pas le devenir. C'est bien pourquoi, en 1958, avec une part de l'armée et avec des factions politiques, ils avaient préparé le coup d'État que devait récupérer et transformer le Général. En mai, on attendait, en Languedoc, les sticks de parachutistes. Personne de l'establishment ne croyait au message de Jules Moch invitant à faire face par tous les moyens. Les FTP, toutefois, recensaient leurs stocks d'armes de la Résistance. Aux deux extrêmes,  se préparant à en découdre, on comptait les siens et ses moyens.

Un grand préfet républicain au visage de sénateur romain en avait vu d'autres. Il avait été des réseaux qui avait réussi l'opération Jéricho : l'évasion des détenus politiques d'Amiens, combinée à un raid d'aviation sur la prison. Lorsqu'un de ses amis, avec lequel il avait vécu le coup, s'est trouvé venir pour  une mission d'inspection générale du centre hospitalo-universitaire, l'enquête a été déléguée au stagiaire que j'étais. Les deux hommes avaient mieux à faire : des souvenirs historiques à célébrer. Et ils sont partis, survivants, bras dessus-bras dessous, vers les cités, les plages, les restaurants, respirer l'air du midi et le parfum de leurs vies sauves. Mais ce haut fonctionnaire apparemment léger était si fin qu'il fit largement reprendre le rapport d'enquête, compte tenu de tout ce qu'il savait du fonctionnement de l'hôpital et des personnalités hospitalo-universitaires se consacrant parfois plus à leurs vignes qu'à leurs services et à leurs chaires. D'ailleurs, il connaissait aussi à l'avance tout ce qu'il y avait dans les notes des R.G.. Son directeur de cabinet, qui venait des services français d'information en Allemagne occupée, mettait cette expérience et la consommation de nombreux bocks de bière, dans le café d'en face - celui, évidemment, de la préfecture,  qui lui tenait largement lieu d'annexe - à essayer de lui apporter des "scoops" dont la collecte lui coûtait des centimètres de bedaine. Il rageait de voir se lever vers lui les yeux malicieux du patron pour lequel l'information n'était pas fraîche ou était incomplète. Le patron  faisait aussi semblant de signer les parapheurs sans regarder, mais lorsqu'on lui a glissé un papier pour le piéger, il l'a repéré de suite. Il recevait sans cesse. Il se promenait partout. Il honorait les mets et les vins. Il n'était que louanges pour les hommes et hommages pour les femmes. Il  était amène. Il mettait en confiance, il faisait son miel. Il était dans la population comme un poisson dans l'eau. Il n'était pas difficile d'avoir naturellement placé l'adjectif "bon" devant son nom, tellement il respirait le bonheur de la vie et cherchait à en donner. Lorsqu'il faisait ses tournées de canton en canton, il allait toujours sur les marchés et lorsqu'il est parti, bien que presque personne ne se souvienne de lui aujourd'hui, il fut pleuré par les marchandes et les pratiques. Ce qui ne l'a pas empêché de faire un bien petit score, lorsqu'en retraite, plus tard,  il s'est présenté à quelque élection dans ce pays.

Après l'appel du ministre de l'Intérieur qu'il tenait en grande estime, mais où il voyait un rêveur d'une autre République, il fit avec élégance quelques légères aquarelles, une boite de peinture à l'eau ouverte sur son bureau, tout  en dictant un ou deux rapports sceptiques pour Paris. Lors d'un cocktail en ces temps là, dans la grande verrière faisant, avec toutes ses plantes vertes, salon d'hiver de la préfecture, il a tout d'un coup disparu des yeux de ses invités. Il y avait parmi ceux-ci les communistes, les socialistes et les amis des putschistes, des membres de la famille radicale dont il avait épousé une héritière politique,  ces professeurs d'université qui étaient aussi propriétaires terriens, quelques peintres sétois, des commerçants et des importateurs de vins, des journalistes, des viticulteurs dont les dots des filles se comptaient en dizaine de milliers d'hecto ( on disait dans les bals de préfecture qui existaient encore "allez donc jeune homme inviter une telle :  "elle pèse tant d'hectos" ). L'hôte a réapparu, en bon grand diable, de derrière un sofa Napoléon III, avec une bouteille de pastis dans une main et sa mitraillette de résistant dans l'autre, en disant tout souriant :
 
«  mesdames, messieurs , je ne sais pas avec  laquelle de ces deux mains, je vais les accueillir? ».

En attendant, sans qu'on puisse savoir s'il était sérieux ou plaisantin,  il avait fait mettre une bonbonne de gaz lacrymogène dans mon bureau de stagiaire dont la fenêtre était à l'aplomb de l'entrée du public de la préfecture, en me donnant la consignes de la jeter par la fenêtre si des manifestants voulaient forcer la porte.

Ni ces manifestations, ni le putsch métropolitain n'eurent lieu. Mais vint néanmoins le premier quatorze juillet des vainqueurs, c'est à dire celui ressenti alors, un temps, comme celui  de l'armée. Le préfet appela sa femme et ses collaborateurs pour leur tenir ce langage : «  Ils en font bien des pompes ces militaires. Ils vont voir ce qu'est un préfet de la République. Ma chérie, tu vas me recoudre dans ma tenue N° 1, dans la tenue d'Empire. Et vous, il va falloir m'aider, parce que je ne l'ai pas portée depuis ma jeunesse et que j'ai grossi ».

Lorsqu'au matin on parvint à le faire rentrer dans la culotte à la française au dessus des bas et des escarpins à boucles, dans la veste d'habit ceinte d'une écharpe tricolore et festonnée des décorations fastueuses et qu'il eut placé sur sa tête lisse et ronde, le bicorne aux plumes blanches, on le livra ainsi depuis la noire voiture officielle, sur l'estrade dressée, pour la revue des troupes,  place de la Comédie - dite de l'oeuf, avec son estomac un peu de la même espèce - au milieu d'une pléiade d'officiers supérieurs et généraux qui portaient leurs banales tenues d'été .

Quelques jours après deux choses se sont produites. Un ministre du nouveau pouvoir qui avait bien intrigué dans la Région où il avait été battu à plusieurs reprises est venu en visite à l'issue de laquelle il s'est entendu dire : « Monsieur le ministre, je ne vous raccompagne pas. Ici, vous connaissez le chemin de la sortie ». Au Journal Officiel de ce jour là était publié l'arrêté qui supprimait pour l'éternité la tenue N° 1 des préfets telle qu'elle datait de Napoléon Bonaparte.

Vendredi 16 mai 2008
         Dans le même mauvais esprit qu'hier, où j'ai évoqué, selon des propos rétro,  l'évolution de la répartition des tâches et des fonctions  sociales  entre les sexes,  je reprends ci-dessous un texte datant de 2000   (extrait de "Bulles d'Histoire et autres contes vrais", livre disponible sur www.alapage.com, et étant exceptionnellement un vrai conte (et non un "conte vrai"), une fiction illustrant la dérive de la pensée politique dans la préoccupation de suivre les évolutions des moeurs et combien ces soucis de la libéralisation des  moeurs ont transformé l'interpellation de l' "internationale " sur le futur  du "genre humain".


- C'EST LA LUTTE FINALE - fiction 2000


Dans ce dîner mondain, il n'était question que de la gauche. Les convives s'accordaient à constater que pour garder le pouvoir, elle n'avait que le choix du cumul. Le service du marché, parce qu'on ne pouvait y échapper et pour mieux rallier les électorats qui en vivaient. Le service des exclus du marché, pour rester fidèle et se faire pardonner par ceux qui en souffraient. Mais telle stratégie n'était pas son monopole. Il était clair que la droite, la culpabilité en moins, cherchait à faire aussi bien. En outre, il n'était pas toujours évident que concilier les deux, autrement que dans les colonnes d'un quotidien du soir, soit bien aisé et convainquant. Il fallait trouver "le plus" qui l'emporte : un projet de société, pouvant répondre aux attentes de beaucoup et dont l'ossature lisible était une idéologie, malgré la disparition de ce phénomène datant des dinosaures. Ne suffisait-il de mettre à la mode du temps le triptyque de la République : liberté, égalité, fraternité? La liberté des moeurs, l'égalité des sexes, la fraternité des fêtes.

C'est sans difficulté que le dîner s'accorda à trouver qu'il était primordial de poursuivre un combat tenace pour la promotion des femmes, pour la reconnaissance de l'homosexualité, pour une vie collective ludique.

Un impertinent idéologue d'autrefois rappela que le marché mondial aggravait les inégalités sociales, creusait  le fossé du monde entre les riches et les pauvres. Si l'originalité de la gauche devenait de planter d'autres cadres pour les  moeurs privées - alors que toute libération repousse les frontières des désirs pour en faire renaître d'inépuisables - ne passait-elle pas  de l'universalisme au nombrilisme? C'était le cas de le dire. Ne  sortait-elle pas de sa mission historique, en quelque sorte de ses voies ?

De telles priorités n'en feraient-elle - dit-il pour conclure et provoquer- au sens étymologique de l'adjectif, "une gauche dévoyée" ?

Alors que le Pacs venait de connaître l'enlisement des navettes entre les deux assemblées, ce fut une  incongruité. Que pouvait-on à l'encontre des ravages du libéralisme, des effets de dumping, à l'égard de la misère des pays faisant travailler les enfants comme des esclaves, quant aux conséquences, en Afrique, de la  chute des cours mondiaux du café ! Il fallait vivre dans son espace d'influences possibles : certes améliorer les minima sociaux et aider les exclus, mais  être à l'écoute de toutes les aspirations : veiller aux pétitions des associations libertaires, aux motions des chiennes de garde, aux chances populaires qu'offrait la bourse, à la promotion culturelle par le net et, pour soutenir le moral de tous, préparer la prochaine célébration d'un anniversaire révolutionnaire. L'énergumène qui était intervenu passa d'emblée pour un esprit faux au service de la réaction.

Battu sur ce terrain, il se porta sur un autre. Il parvint à expliquer au café à l'un de ses voisins ( qui consentait encore à l'écouter) que si l'on devait se centrer sur la logique de libération des moeurs et d'égalité des sexes, ce n'était pas le contrat de mariage qu'il fallait singer. C'était - et il invoqua l'approfondissement nécessaire de la réflexion de début de siècle d'un Léon Blum ( mais de quoi parlez-vous?) - le mariage lui-même qu'il fallait réformer.

Il ne s'agirait certes pas de donner un cadre légal aux seuls cas de polygamie, infâme trace - au demeurant très répandue - d'un machisme représentant l'hydre à combattre. Il conviendrait, aussi, de construire un régime reconnu pour organiser en droit l'existence des cas - sans doute aussi nombreux, quoique très polymorphes - de polyandrie. Il fallait instituer l'union libre et légale d'une femme avec plusieurs hommes. Voilà ce qui allait  enfin permettre, par le partage du devoir conjugal,  le repos du guerrier. Voilà ce qui allait assurer, du même coup,  l'épanouissement multiple et légitime de sa compagne avec d'autres hommes. Voilà ce qui allait garantir qu'elle en tirerait non seulement, peut-être, du plaisir, mais aussi, le jour venu, si nécessaire, des sécurités matérielles complétant celles qu'un seul partenaire peut lui fournir.

Au delà, ne devrait-on aller à la reconnaissance d'une légitimité plurielle : celle, par les croisements d'unions polygamiques ou polyandriques, de réunir divers couples dans la même tendresse,  les mêmes ébats, les mêmes intérêts. Aucune obligation d'échangismes ou d'orgies. Rien d'autre au fond que le rêve des pauvres vieilles communautés hippies. Son accès, sans préjudice, ni ostracisme, serait seulement , dans la justice et l'égalité,  ouvert à toutes et à tous. Un beau chantier de droit civil - constata son interlocuteur - mais dont les bonnes retombées électorales, "le monde étant ce qu'il est" -  n'étaient pas garanties.


Ils convinrent après boire que ce ne pourrait être pour demain, mais que le temps de l'Histoire n'était pas fini. C'était un objectif à ne pas lâcher. Ils partirent bras dessus, bras dessous, en se promettant de faire campagne et en chantant :

«  C'est la lutte finale
        L'inter-sexu-u-ale sera le genre humain ».



 
Mercredi 14 mai 2008
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